​Sous les lambris de la salle Léon Kengo wa Dondo, la Chambre de discipline budgétaire et financière a gravé dans le marbre de la jurisprudence administrative un rappel cinglant du dogme de la transparence : l’impératif de reddition des comptes ne souffre aucune procrastination. En condamnant Victor Ntumba Tshikela, Directeur Général de l’Office des Voiries et Drainage (OVD), au paiement d'une amende de 102 000 USD pour n'avoir point produit les états financiers des exercices 2022 et 2023 dans les délais prescrits par l’article 30 de la loi organique de 2018, le président Gilbert Tonduangu a transformé une simple omission procédurale en une faute de gestion lourdement sanctionnée. Cette décision, portée par la vision de rigueur du Premier président Jimmy Munganga Ngwaka, ne se limite pas à une simple pénalité pécuniaire ; elle érige la diligence comptable en pilier inviolable de la gouvernance publique, signifiant aux ordonnateurs de la République que le mutisme financier constitue désormais un délit de gestion dont le coût, aussi bien politique que financier, pourrait s’avérer prohibitif pour quiconque méconnaîtrait le calendrier de l'orthodoxie budgétaire.

Si cette sévérité juridictionnelle venait à s'étendre systématiquement à l'ensemble des établissements publics, il se pourrait que nous assistions, dans les colonnes de Kivudeal Mag, à une véritable mue de la culture administrative congolaise, où l'obligation de rendre compte deviendrait, par crainte du glaive financier, le premier réflexe de tout gestionnaire soucieux de sa pérennité.