L'enceinte de la Cour d’appel de Kinshasa/Gombe s’apprête à devenir le théâtre d'un affrontement judiciaire historique le 5 mai prochain, où l'ancien garde des Sceaux, Constant Mutamba, jouera sa survie politique et son honneur face à un dossier d'accusation titanesque. Sous les projecteurs du ministère public, l’ex-ministre devra justifier l’architecture d’un système de décaissements vertigineux — plus de 50 millions de dollars — orchestré en marge des radars de la DGCMP et souvent au mépris flagrant des procédures de contrôle financier. Les témoignages accablants de Chansar Bolukola et du Conseil d’administration du FRIVAO dessinent une gestion autocratique, marquée par des instructions verbales et des surfacturations surréalistes, transformant un fonds destiné à la réparation des victimes de guerre en un guichet ouvert pour des projets aussi disparates qu’irréguliers, allant de documentaires onéreux sur le Genocost à des réhabilitations hôtelières sans base légale.
Ce procès, que les observateurs qualifient déjà de « test de rupture » pour la justice congolaise, expose une hémorragie de fonds publics d'une rare audace : 4 millions de dollars alloués à l'ICCN pour un zoo alors que le besoin réel n'était que de 700\ 000, ou encore les 24 millions injectés dans la centrale de la Tshopo sous une procédure jugée immédiatement viciée par l’expertise de Teddy Lwamba. Entre les retraits en espèces non tracés et les erreurs administratives providentielles de la société DIVO, le dossier révèle un enchevêtrement complexe de flux financiers qui ont court-circuité les mécanismes de transparence de l'État. Pour Kivudeal Mag, l'enjeu dépasse la simple reddition de comptes ; il s'agit de savoir si la force de la Loi saura dompter l'impétuosité d'un ancien maître des poursuites devenu, par un retour de flamme judiciaire spectaculaire, le principal prévenu d'un scandale de spoliation nationale.
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