​L’honorable Gary Sakata engage un bras de fer salutaire contre les anachronismes du Code pénal congolais de 1940 en proposant l’abolition de la servitude pénale et des travaux forcés. Cette initiative vise à purger l’arsenal juridique des scories de l’État Indépendant du Congo (EIC), où la peine servait de moteur à l’exploitation économique plutôt qu’à la réhabilitation sociale. En alignant la législation nationale sur le Statut de Rome et les conventions de l’OIT, cette réforme substitue l'oppression par l'emprisonnement classique, respectueux de la dignité intrinsèque de la personne humaine. Ce basculement paradigmatique répond aux critiques acerbes des instances internationales qui dénoncent, depuis des décennies, le maintien de sanctions humiliantes incompatibles avec les engagements constitutionnels de la République Démocratique du Congo.

​Cette quête de modernisation s'inscrit dans une lignée de tentatives souvent restées lettre morte, à l'instar des projets de réforme globale du code pénal portés sous la transition de 2003 ou des plaidoyers récurrents de la Commission Nationale des Droits de l’Homme (CNDH). Au-delà de la sémantique, le texte de Sakata met en exergue les failles béantes d'un système où l'absence de distinction nette entre "peines criminelles" et "peines de police" crée une insécurité juridique structurelle. La réforme doit cependant affronter un défi de taille : l’obsolescence des infrastructures pénitentiaires et le manque de moyens pour la réinsertion, car supprimer le travail forcé sans financer des programmes d'éducation carcérale risquerait de transformer les prisons en simples mouroirs d'oisiveté. Ce texte est un signal politique fort, exigeant une transition urgente vers une justice corrective qui ne se contente plus de punir, mais aspire enfin à restaurer.