Fini le pilotage à vue. Pour la première fois depuis 1984, la République Démocratique du Congo s’apprête à compter ses fils et ses filles. Entre mobilisation de 192 millions de dollars et ambitions économiques, le RGPH-2 n'est pas qu'une simple statistique : c'est l'acte de naissance d'une nouvelle gouvernance.

​Gouverner, c’est prévoir. Mais comment prévoir quand on ignore si l’on planifie pour 100 ou 115 millions d’âmes ? Lundi dernier, le Chef de l'État a tranché : la RDC ne peut plus se contenter d'approximations. En réunissant les mastodontes de la finance mondiale (Banque Mondiale, BAD, ONU), Kinshasa a lancé le compte à rebours du deuxième Recensement Général de la Population et de l’Habitat (RGPH-2).

​Pourquoi c’est un "Game Changer" ?

​Imaginez un pays qui a triplé sa population depuis l'ère Mobutu sans jamais actualiser sa carte d'identité sociale. Ce recensement est la clé qui va déverrouiller :

  • L’agriculture de précision : Identifier la force vive pour transformer nos terres en greniers.
  • Des infrastructures ciblées : Finies les écoles et hôpitaux construits au hasard ; place aux besoins réels.
  • Une économie de faits : Attirer les investisseurs grâce à des données démographiques certifiées.

​Le nerf de la guerre : Le "Panier Commun" se remplit

​L’opération, étalée sur trois ans, nécessite 192 millions de dollars. La bonne nouvelle ? Le signal est fort :

  • La RDC montre l'exemple avec 30 millions $ déjà sur la table.
  • La Banque Mondiale frappe fort avec une promesse de 100 millions $.
  • La BAD et les agences onusiennes suivent le mouvement, tandis que des frères africains comme la Côte d’Ivoire apportent leur expertise logistique.

"Un grand pays ne se gouverne pas à l’approximation"Félix Tshisekedi.

 

​Ce qu'il faut retenir du processus

​De la cartographie juridique au déploiement des agents recenseurs dans chaque ménage, jusqu'à la publication des résultats, le processus se veut transparent et moderne. L'objectif est simple : donner un visage humain aux chiffres.

L'avis de Kivudeal : C’est une décision historique. Compter la population, c’est respecter le citoyen en le rendant "visible" aux yeux de l’État. C'est le socle indispensable pour que le développement ne soit plus un slogan, mais une réalité mesurable.