​L’équilibre précaire entre le soulagement de la pression fiscale et l’impératif de la reconstruction infrastructurelle vient de susciter une levée de boucliers au sein des forces vives du Grand Nord-Kivu. La décision du Gouverneur militaire de suspendre les taxes conventionnelles provinciales — ces leviers financiers adossés à une contractualisation entre l’État et le secteur privé — est perçue par la société civile comme un coup de frein brutal à la dynamique de développement local. En s'exprimant ce vendredi 08 mai 2026, Omar Kalisya a fustigé une mesure qui, sous couvert d'allègement économique, risque de transformer les chantiers stratégiques de l’aéroport de Mavivi ou de l’axe Mbau-Kamango en de vastes éléphants blancs. Pour ces acteurs de la médiation citoyenne, l'interruption de la collecte fiscale menace directement la pérennité du service public et compromet les projets de voirie urbaine déjà engagés dans une région meurtrie par l'instabilité.

​Face à ce qu’elle qualifie d'impasse budgétaire imminente, la société civile déploie une rhétorique de la souveraineté provinciale et de l'intérêt général, exigeant du chef de l'exécutif une surséance immédiate de cette décision. Ce bras de fer institutionnel illustre la tension permanente entre la gestion de crise, qui préconise une trêve fiscale pour apaiser les opérateurs économiques, et la vision développementaliste qui nécessite une mobilisation constante des ressources propres. En sollicitant une audience urgente, les représentants de la population aspirent à instaurer un cadre de concertation inclusive, rappelant que la légitimité de l'autorité provinciale repose également sur sa capacité à parachever les ouvrages d'utilité publique. L'enjeu est désormais de trouver un consensus politique capable de concilier la protection du pouvoir d'achat des citoyens et le financement régalien des infrastructures de base.