​À l’intersection d'une crise sanitaire majeure et de la géopolitique sportive, le destin des Léopards de la République Démocratique du Congo pour la Coupe du Monde ne tient désormais qu’au fil d’une éprouvante quarantaine de 21 jours imposée d'une main de fer par la Maison-Blanche de Donald Trump.

 Alors que la patrie fait face à sa 17ème épidémie d'Ebola la redoutable souche Bundibugyo qui culmine déjà à 176 décès probables et 746 cas suspects selon le ministère de la Santé, poussant l'OMS à décréter l'urgence mondiale, Andrew Giuliani, le très politique « Monsieur Coupe du Monde » de Washington, a brandi un couperet implacable sur ESPN en exigeant le confinement total des fauves congolais en Belgique sous peine de bannissement du sol américain, illustrant une doctrine sécuritaire obsessionnelle où la sanitarisation des frontières se mêle à l'opportunisme diplomatique.

 En sacrifiant le traditionnel pèlerinage d'adieu à Kinshasa mercredi dernier pour préserver l'hermétisme d'une « bulle » européenne où le sélectionneur français Sébastien Desabre gère un effectif majoritairement expatrié en France, la FECOFA joue sa survie institutionnelle contre la montre, d'autant que l'exfiltration tardive de certains membres du staff technique basés au pays a mis en alerte maximale le CDC américain, prêt à dépêcher des inspecteurs à Liège pour traquer le moindre symptôme qui exclurait collectivement la RDC de la grand-messe planétaire. 

Cette ingérence médico-politique de l’administration Trump, qui applique parallèlement un embargo migratoire de 30 jours contre les ressortissants d'Afrique centrale, transforme le calendrier sportif des Congolais en un véritable chemin de croix : après les tests amicaux contre le Danemark le 3 juin à Liège et le Chili en Espagne le 9 juin, l'embarquement crucial pour Houston le 11 juin reste suspendu au feu vert des épidémiologistes de la Maison-Blanche, une épreuve de force psychologique inédite avant même que les Léopards ne foulent la pelouse du Texas le 17 juin face au Portugal de Cristiano Ronaldo, n’affrontent la Colombie à Guadalajara le 23 juin, ou ne clôturent ce marathon sous haute tension le 27 juin à Atlanta contre l’Ouzbékistan.