Au cœur du 30 avril, la République démocratique du Congo célèbre ses « professionnels de la craie », ces architectes de l'esprit dont la vocation, véritable sacerdoce, défie l’usure du temps et la modestie des rétributions. Si le thème de 2026 appelle à un « financement durable », il souligne en creux l’héroïsme quotidien des femmes et des hommes comme le Professeur MALEKANI KUHUNGU CYRILLE — qui magnifie aujourd'hui un demi-siècle de fidélité au pupitre — transformant la patience en vertu et l'enseignement en un acte d'amour désintéressé. Dans cette quête de la « Nouvelle Citoyenneté », l'enseignant demeure le pivot central, celui qui, malgré les humanités pédagogiques souvent éprouvées par la précarité, continue de bâtir les fondations d'une nation compétitive.
Cependant, au-delà de l'hommage, l'heure est à l'autocritique systémique : peut-on durablement asseoir le développement d'un géant africain sur le seul dévouement de ses éducateurs ? Si le gouvernement mobilise aujourd'hui les acteurs pour combler les déficits infrastructurels et adapter la formation au marché de l'emploi, l'équation reste incomplète sans un barème de compétence valorisant et une protection accrue des droits. Transformer l’éducation en RDC exige de passer de la célébration d’une patience infinie à la concrétisation d'un investissement massif, afin que le métier le plus noble, porté par des carrières exemplaires de cinquante ans, ne soit plus synonyme de sacrifice financier, mais le moteur d'une transformation sociale réelle.
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