« Le M23 n’est pas un mouvement rwandais, mais un mouvement congolais désormais appelé AFC/M23, auquel est associé l’ancien président Joseph Kabila. »
Paul Kagame, président du Rwanda, dévoile à Jeune Afrique un nouvel épisode qui vient encore une fois changer la donne dans la crise à l’Est de la RDC.
Soudanisation ou un boa éventré ?
Si Kagame pense que la crise à l’Est doit se résoudre entre Congolais, Kabila, lui, craint que la situation dégénère au point de revivre la crise du Soudan en RDC. Le citoyen lambda se trouve dans un dilemme, ne sachant à quel saint se vouer. Pendant ce temps, Kinshasa persiste dans ses accusations d’implication du Rwanda dans la crise à l’Est, une situation alarmante qui existe depuis des décennies. Une véritable équation que le peuple a du mal à résoudre.
La présence de Joseph Kabila à Goma au près du M23, pour Kagame est tout à fait légitime : « Tous ceux qui souhaitent prendre part à la lutte pour un Congo stable sont les bienvenus. Kabila a fait ses choix (…) Le gouvernement congolais le poursuit, il a été condamné à mort, une partie de ses biens a été saisie (…) Je ne vois pas pourquoi je lui refuserais le passage », a‑t‑il affirmé.
Tandis que pour Kinshasa, cette nouvelle facette de Kagame ne fait que confirmer ce que le président Tshisekedi disait juste après la prise de Goma par l'AFC/M23.
« Les vrais commanditaires se cachent. Et le vrai commanditaire de cette opposition est mon prédécesseur Joseph Kabila. Mais il ne l’avoue pas, il n’assume pas ses actions. » déclarait‑il.
Ces allégations interviennent dans un contexte sécuritaire déjà tendu à l’Est de la RDC. Sûrement Kinshasa ne tardera pas à réagir à la dernière sortie médiatique de Kagame, qui apparaît pour certains comme un non-événement, pour d'autres comme un nouveau jeu où les parties prenantes se dévorent cruellement à la face du monde pour se retrouver autour d'une même table au festin du roi un soir.
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