​Le débat sur la cherté de la vie à Beni vient de prendre un tournant électrique. Eugène Matembela, président de l'ACCAD Nord-Kivu, a balayé d'un revers de main les calculs du député Arsène Mwaka, qualifiant de « très faux » l'impact de 0,26 $ par sac de ciment avancé par l'élu. Sur le terrain miné de la fiscalité, la réalité est autrement plus brutale : l'intégration d'une seule taxe dans le système Sydonia propulse la majoration réelle au-delà des 7 dollars. Pour ces techniciens de la douane, l'écart entre les simulations parlementaires et la pression fiscale subie par les opérateurs économiques n'est plus une erreur, c'est une insulte au quotidien des citoyens.

​Loin d'être de simples spectateurs, les commissionnaires en douane revendiquent la paternité des allègements fiscaux actuels. C’est leur lobbying opiniâtre auprès de la DGDA qui a permis de débloquer les avantages accordés par la Première ministre, lesquels stagnaient jusqu'alors dans les méandres administratifs. En rappelant que l’ACCAD a dû forcer la main à la hiérarchie pour que la province bénéficie enfin de son dû, Matembela replace l'expertise technique au centre du jeu : sans leur vigilance, les promesses de Kinshasa ne resteraient que des lettres mortes au détriment du pouvoir d'achat local.

​Face à ce qu'il considère comme une déconnexion des élites, le leader de l’ACCAD a conclu par un rappel à l'ordre cinglant. Revendiquant son statut de professionnel « matriculé » face aux approximations, il exhorte la classe politique à cesser de « tromper la population » avec des théories hors-sol. Ce plaidoyer pour la vérité des chiffres sonne comme un avertissement : dans le Nord-Kivu en crise, le populisme ne résistera pas longtemps à la rigueur des faits douaniers. L’ACCAD ne se contente plus de déclarer les marchandises, elle déclare la guerre à l’amateurisme