« Demandez-moi ce que vous voulez, je le ferai » Telle était la promesse solennelle du Président de la République aux Léopards en cas de qualification pour la Coupe du Monde. Chose promise, chose due ! Les dieux du stade ayant favorisé la victoire des fauves congolais, l’heure est aux récompenses. Est-il venu le temps, pour la "fille d’Hérode", de demander la tête de Jean-Baptiste sur un plateau d’argent ?

Le Président a tenu sa promesse, mais une question hante l’opinion publique : au-delà des récompenses matérielles, et si, à l’instar d’un sacrifice ultime, les héros du stade avaient réclamé un arbitrage politique majeur ? Si leur demande avait porté sur le renoncement à toute révision ou modification constitutionnelle, le Chef de l’État aurait-il honoré sa parole ? Dans ce scénario de politique-fiction, le « chèque en blanc » présidentiel se heurterait à la réalité brutale du pouvoir. Entre sa parole d'homme donnée devant la nation et les ambitions stratégiques de son camp, le Président se retrouverait piégé par sa propre générosité.
« Fatshi béton, merci pour la victoire. Tout droit ti na 3 » : que signifie ce message ?

Déployée du haut de l’esplanade du Palais du Peuple à Kinshasa, une banderole monumentale affichait ce slogan en lettres capitales, à la vue de tous. Mise en scène orchestrée ou pur effet de la liesse nationale ? Pour de nombreux observateurs, cette affiche annonce clairement l’intention du Chef de l’État de briguer un troisième mandat. À l'opposé, d'autres estiment que le Président devrait se concentrer pleinement sur les priorités vitales du pays, notamment la restauration de la paix dans l’Est et en Ituri, où les populations de Mambasa ont récemment subi un carnage sans précédent.
Pendant ce temps, les joueurs, invités à la « table du Roi », ont reçu chacun une voiture, une villa et une prime d’encouragement. Un geste louable pour les uns, mais très mal perçu par l’opposition politique. Cette dernière estime que le Président dilapide l’argent du contribuable congolais pour servir ses propres intérêts politiques, au lieu de s’attaquer aux urgences nationales.