À Kinshasa, la campagne d’affichage massive en faveur d’un référendum constitutionnel menée par le camp présidentiel intensifie le débat sur la refonte des institutions. Cette offensive de communication vise manifestement à devancer le cadre légal pour légitimer une réécriture globale de la charte fondamentale du pays.
L'opposition politique dénonce vigoureusement cette initiative qu'elle qualifie de manœuvre unilatérale visant à contourner les verrous démocratiques actuels. Les adversaires du pouvoir y décèlent le dessein d'offrir au Président Félix Tshisekedi la possibilité de briguer un troisième mandat proscrit par l'actuelle Constitution.
Plusieurs constitutionnalistes rappellent que l'article 219 de la Constitution interdit formellement toute révision tant qu'une partie du territoire national est occupée ou en état de guerre. Or, la persistance de l'agression rwandaise à l'est du pays et l'état de siège en vigueur rendent juridiquement impossible une telle démarche.
Les forces vives de la nation, notamment la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) et l'Église du Christ au Congo (ECC), affichent une opposition frontale à ce projet. Ces institutions religieuses majeures craignent qu'une modification des règles du jeu électoral ne plonge la République démocratique du Congo dans un cycle d'instabilité majeure.
Face à la levée de boucliers, la majorité présidentielle argue que le peuple souverain reste le seul arbitre suprême à travers la consultation référendaire. Les partisans du pouvoir estiment que les textes actuels, qualifiés de dépassés, freinent le développement économique et la pleine souveraineté de l'État.
La confrontation politique actuelle autour des panneaux géants de la capitale cristallise désormais la bataille cruciale de l'opinion publique congolaise. L'issue de ce bras de fer redéfinira durablement l'équilibre des pouvoirs et l'avenir de l'ancrage démocratique en RDC

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